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L’IA peut-elle comprendre toutes les langues de la même manière ? Le défi des langues disposant de peu de données numériques

L’intelligence artificielle peut traduire, résumer et générer des textes dans des dizaines de langues. Mais le fait qu’une IA puisse travailler dans une langue ne signifie pas nécessairement qu’elle la comprend avec le même niveau de précision que d’autres.

Derrière cette différence se trouve un facteur fondamental : les données disponibles sur Internet.

Internet ne parle pas toutes les langues de la même manière

Les modèles d’intelligence artificielle apprennent, dans une large mesure, à partir de grandes quantités de contenus numériques. Pages web, livres, articles, documents et autres textes servent de matière première à ces systèmes pour apprendre le vocabulaire, les structures grammaticales et les différentes façons de s’exprimer.

Le problème est que ces contenus ne sont pas répartis de manière équilibrée.

Alors que certaines langues disposent d’une quantité considérable d’informations numériques, d’autres sont beaucoup moins présentes. On parle alors de langues à faibles ressources, qui disposent de moins de données pour entraîner les modèles d’IA.

La Commission européenne a précisément identifié cette inégalité comme l’un des défis à relever pour développer des technologies linguistiques véritablement multilingues.

Moins de données, plus de difficultés

Que se passe-t-il lorsqu’une langue dispose de peu de données ?

L’IA peut avoir davantage de difficultés à reconnaître certaines expressions, à utiliser correctement différents registres ou à comprendre une terminologie spécialisée. Elle peut également produire des erreurs difficiles à détecter, car la phrase peut sembler correcte au premier abord.

C’est particulièrement important dans des domaines comme la traduction, où il ne suffit pas de traduire des mots. Il faut comprendre le contexte, l’intention du message et les particularités de chaque langue.

Une expression peut avoir une traduction littérale parfaitement correcte sur le plan grammatical et, pourtant, sembler totalement artificielle pour un locuteur natif.

C’est pourquoi la quantité de données compte, mais leur qualité compte également.

Une question qui dépasse la technologie

Les inégalités linguistiques sur Internet ne concernent pas uniquement la traduction.

Si nous utilisons de plus en plus l’intelligence artificielle pour étudier, travailler, rechercher des informations ou accéder à des services, le fait qu’une langue soit moins bien représentée dans ces systèmes peut également entraîner un accès inégal à la technologie.

Cela soulève une question importante : que se passe-t-il pour les langues qui disposent d’une présence numérique plus limitée ?

L’enjeu ne consiste pas simplement à faire en sorte qu’une IA « parle » davantage de langues, mais à lui permettre de travailler avec celles-ci de manière fiable, tout en tenant compte de leurs particularités culturelles et linguistiques.

Le rôle des professionnels de la langue

Pour améliorer la présence numérique des langues disposant de moins de ressources, il faut des corpus linguistiques, de la terminologie, des contenus de qualité et des connaissances spécialisées.

Dans ce processus, les professionnels de la langue continuent de jouer un rôle essentiel.

Les traducteurs et les spécialistes linguistiques ne se contentent pas de corriger les erreurs : ils apportent du contexte, des connaissances culturelles et le jugement nécessaire pour déterminer si une traduction fonctionne réellement.

L’intelligence artificielle peut accélérer de nombreux processus, mais la qualité linguistique dépend toujours de la manière dont la technologie est utilisée et de la personne qui supervise ses résultats.

Le défi de construire une IA véritablement multilingue

L’intelligence artificielle progresse rapidement, mais il reste encore beaucoup à faire pour que toutes les langues soient représentées de manière équilibrée dans le monde numérique.

L’avenir de l’IA multilingue ne devrait pas simplement consister à ajouter des langues à une liste. Il devrait également garantir que chacune dispose des ressources nécessaires pour être correctement comprise.

Car si l’intelligence artificielle est appelée à devenir un outil de plus en plus présent dans notre quotidien, son accès ne devrait pas dépendre de la langue que nous parlons.

Chez Aadimatiq, nous pensons que la technologie peut transformer la traduction, mais que son véritable potentiel apparaît lorsqu’elle est associée à l’expertise linguistique et au jugement humain.

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